Le compteur Linky dispose d’un voyant lumineux qui clignote lorsque le logement consomme de l’électricité. Ce clignotement n’est pas décoratif : il correspond à une impulsion de mesure liée à l’énergie électrique consommée. Pour le Linky, la constante métrologique indiquée sur le compteur correspond à 1 000 impulsions par kWh, soit 1 Wh par impulsion.
Cette donnée permet d’estimer la puissance appelée par un logement en observant simplement la vitesse de clignotement du voyant. Plus les impulsions sont rapprochées, plus la consommation instantanée est importante.
🟠 Un clignotement du Linky correspond à 1 Wh
Le voyant orange situé sur la façade du compteur sert d’indicateur de consommation. Pour un compteur dont la constante métrologique est de 1 000 impulsions/kWh, chaque impulsion correspond à 1 Wh, soit 0,001 kWh.
La relation est donc la suivante :
1 clignotement = 1 Wh
et :
1 000 clignotements = 1 kWh
La LED ne donne donc pas directement une puissance en watts. Elle fournit une succession d’impulsions représentant une quantité d’énergie. C’est en mesurant le temps séparant les impulsions qu’il devient possible d’estimer la puissance consommée à un instant donné.
A lire aussi: Différence entre Engie et EDF : qui propose quoi ?
Une impulsion représente une quantité d’énergie
Le watt-heure (Wh) mesure une énergie, tandis que le watt (W) mesure une puissance. Cette distinction est importante pour interpréter correctement le clignotement du Linky.
Un appareil de 1 000 W qui fonctionne pendant une heure consomme 1 000 Wh, soit 1 kWh. Avec une constante de 1 000 impulsions/kWh, cette consommation correspond à 1 000 impulsions du compteur.
À l’inverse, un appareil de 100 W provoque des impulsions beaucoup plus espacées. La LED permet donc de visualiser indirectement le niveau de consommation électrique du logement.
Pourquoi le voyant clignote-t-il plus rapidement ?
La vitesse de clignotement dépend de la puissance consommée. Lorsqu’un seul appareil peu puissant fonctionne, les impulsions peuvent être assez espacées. Lorsque plusieurs appareils énergivores sont allumés simultanément, les clignotements deviennent beaucoup plus rapides.
Un four, un chauffe-eau, une plaque de cuisson ou un chauffage électrique peuvent donc provoquer une accélération importante du voyant.
⚡ Comment calculer la puissance avec le temps entre deux clignotements ?
Puisqu’un clignotement représente 1 Wh, il est possible d’estimer la puissance à partir du temps qui sépare deux impulsions.
Un watt correspond à un joule par seconde et 1 Wh équivaut à 3 600 joules. Si une impulsion correspondant à 1 Wh apparaît toutes les Δt secondes, la puissance moyenne sur cet intervalle est :
P = 3 600 / Δt
avec P en watts et Δt en secondes.
Cette relation permet de transformer la vitesse de clignotement en estimation de puissance.
Quelques exemples de calcul
Si deux clignotements sont séparés de 36 secondes :
P = 3 600 / 36 = 100 W
Une impulsion toutes les 36 secondes correspond donc à une puissance moyenne d’environ 100 W.
Avec une impulsion toutes les 3,6 secondes :
P = 3 600 / 3,6 = 1 000 W
La puissance appelée est alors d’environ 1 kW.
Avec une impulsion chaque seconde :
P = 3 600 / 1 = 3 600 W
La consommation instantanée moyenne est d’environ 3,6 kW.
Enfin, si les impulsions sont séparées de seulement 0,5 seconde :
P = 3 600 / 0,5 = 7 200 W
La puissance atteint alors environ 7,2 kW.
A lire aussi: Comment faire le branchement d’un délesteur sur un compteur linky ?
Compter les flashs pendant 30 secondes
Mesurer l’intervalle entre chaque clignotement peut devenir difficile lorsque la consommation est élevée. Une autre méthode consiste à compter le nombre d’impulsions pendant une durée fixe.
Sur une période de 30 secondes, chaque impulsion représente 1 Wh. Une heure comportant 120 périodes de 30 secondes, la puissance moyenne peut être estimée avec la formule :
Puissance en W = nombre de flashs en 30 secondes × 120
Par exemple, 5 flashs en 30 secondes correspondent à :
5 × 120 = 600 W
Avec 20 flashs pendant la même période :
20 × 120 = 2 400 W
Cette méthode donne une moyenne sur les 30 secondes observées. Elle est donc plus pertinente qu’un seul intervalle lorsque plusieurs appareils changent de puissance pendant la mesure.
📊 Combien de watts selon la vitesse du voyant Linky ?
Le tableau suivant permet de visualiser rapidement la correspondance entre les impulsions observées et la puissance estimée.
| Flashs en 30 secondes | Temps moyen entre deux flashs | Puissance moyenne estimée |
| 1 | 30 s | 120 W |
| 3 | 10 s | 360 W |
| 5 | 6 s | 600 W |
| 8 | 3,75 s | 960 W |
| 10 | 3 s | 1 200 W |
| 15 | 2 s | 1 800 W |
| 25 | 1,2 s | 3 000 W |
| 50 | 0,6 s | 6 000 W |
Ces valeurs correspondent à une constante de 1 000 impulsions/kWh. Elles donnent une estimation de la puissance moyenne appelée pendant la période observée, et non la puissance nominale d’un appareil particulier.
🔎 Le clignotement orange permet-il de trouver un appareil qui consomme trop ?
Le voyant peut également servir à réaliser un test simple de consommation dans un logement.
En éteignant progressivement les appareils électriques, il est possible d’observer la vitesse de clignotement. Si le voyant continue à clignoter rapidement alors que les principaux appareils ont été arrêtés, une charge électrique reste présente.
Cela peut notamment correspondre au réfrigérateur, à un ballon d’eau chaude, à un système de chauffage, à une ventilation, à des appareils en veille ou à un autre équipement resté sous tension.
La méthode ne permet cependant pas d’identifier directement l’appareil responsable. Elle sert surtout à constater qu’une consommation électrique est encore présente et à comparer différents niveaux de charge.
Le test devient intéressant avec une mesure avant et après
Pour rechercher un appareil énergivore, il est possible de relever le nombre d’impulsions pendant 30 secondes, puis de refaire la mesure après avoir coupé certains équipements.
Si le nombre de flashs passe par exemple de 20 à 8 sur la même durée, la puissance moyenne estimée passe d’environ 2 400 W à 960 W. La différence donne une indication sur la charge électrique retirée.
Cette méthode reste une estimation. Pour mesurer précisément la consommation d’un appareil, un wattmètre ou un instrument de mesure adapté fournit une information plus directement exploitable.
🟠 Ne pas confondre le voyant de consommation avec le bouton +
Le compteur Linky comporte plusieurs éléments lumineux et commandes qui n’ont pas la même fonction.
Le voyant de consommation clignote en fonction de l’énergie mesurée. Sa vitesse varie donc avec la puissance appelée par l’installation.
Le voyant situé près du bouton + correspond à une autre fonction. Il peut notamment être associé à une situation de coupure nécessitant une action de réarmement selon les conditions de l’installation.
Il ne faut donc pas interpréter tous les voyants du Linky comme des indicateurs de consommation. Pour calculer une puissance à partir des impulsions, c’est bien le voyant métrologique qu’il faut observer.
Que se passe-t-il en cas de dépassement de puissance ?
Un Linky peut couper l’alimentation lorsque la puissance appelée dépasse certaines limites liées au contrat et aux caractéristiques de l’installation.
Dans cette situation, le comportement du compteur et les informations affichées à l’écran permettent de déterminer la marche à suivre. Après avoir réduit la charge électrique, le réarmement peut généralement être effectué avec le bouton prévu à cet effet lorsque le compteur le demande.
Il faut donc distinguer le clignotement lié à la consommation d’un éventuel signal associé à une coupure ou à un dépassement de puissance.

